Discipline Domestique Romantique

Depuis que j’ai commencé à poser pour Monsieur, il a levé l’interdiction de pénétrer son atelier en son absence.

C’est la plus belle preuve d’amour qu’il puisse me donner. Son atelier me parle plus de lui que ses mots.

 

Monsieur n’est pas un homme bavard qui comble ce manque par une qualité d’écoute que je n’ai jamais trouvée auparavant chez une autre personne. Il sait lire entre les mots et les lignes en saisissant l’essentiel qui se cache dernière mon discours : le langage de mon désir qui nécessite autrui pour s’accomplir. Il sait que je me languis d’un metteur en scène habile pour me découvrir et il construit notre vie commune comme un jeu de piste en activant d’abord mon imaginaire avant de passer à l’acte. Anxieuse de nature, j’ai besoin de temps pour me familiariser avec une situation. Pour concrétiser mes fantasmes il me faut d’abord les vivre dans mon  imagination. Je suis lente pour prendre une décision et Monsieur respecte cette particularité de ma personnalité.

 

Hier soir j’avais été odieuse avec lui pour provoquer sa colère. J’avais eu envie, une fois de plus de l’entraîner avec moi dans l’univers de la fessée.

 

Comme d’habitude il est resté calme devant mes assauts. Perçant mon jeu il m’a regardée de son air moquer qui me donne toujours des frissons.

 

Puis une phrase pour sonder la profondeur de mes désirs :

 

Il me semble que le martinet te suffit plus, Isabelle. On devrait essayer la canne. T’arrêtes pas d’en parler dernièrement. 

 

Tu sais bien que cela me fait trop peur.

 

T’es une grande fille, Isa. J’aimerais te traiter en tant que telle, en femme.

 

 

Son atelier représente pour moi son jardin secret où les impossibilités de mon enfance prennent une existence réelle au travers de multiples tableaux.

 

Pour accéder à l’atelier il faut passer par le vestiaire. Je ne suis ni pieuse, ni croyante tout court, mais en accèdent à cette pièce j’ai l’impression de rentrer dans un confessionnal. Ici certains mots acquièrent une signification concrète pour moi : péché et ses quasi synonymes transgression et désobéissance.

 

Le vestiaire est joliment aménagé avec plusieurs cabines pour se changer. Monsieur a même prévue des petits rideaux, une attention assez inutile dans ce contexte, mais touchante à la fois. Il a l’habitude d’exposer le sujet par des petits dessins dans chaque cabine ; traits noir pour les autres, traits rouges pour la personne concerné. Il m’a parlé hier vaguement d’un nouveau tableau, une scène de trois personnes. Je n’ai jamais posé en groupe et l’idée de la nudité ne me gêne pas.

 

En tirant le rideau de ma cabine attitrée, je découvre le sujet : une scène de fessée entre deux hommes et une femme. Les hommes sont habillés dans un style campagnard des années cinquante, la troisième personne qui sera moi se présente dans son plus simple appareil. Je suis allongée sur les genoux d’un homme assis qui me retient fermement en position, tandis que l’autre, muni d’une belle canne en bambous se charge de m’administrer de la discipline anglaise. On se trouve au beau milieu de la scène, jugeant les rougeurs stylisées sur mes fesses.

 

Il ne s’agit qu’une esquisse ne dévoilant aucun trait de visages. Tout reste à imaginer. Je me trouve devant une image qui fait partie de mes désirs inavouables.

Tout y est : l’émotion, le trouble qui se propage en moi et cette inévitable honte qui donne justification, explication et raison d’être aux fantasmes.

Ce ne pas vraiment la scène représentée qui me bouleverse le plus, mais le fait que Monsieur divine mes pensées intimes, les accueille avec complicité et m’aide à les réaliser ; cette acceptation totale de ma personne avec mes qualités, défauts et insuffisances qui m’est nécessaire pour m’épanouir en toute confiance.

 

Inspirée par cette attention de sa part je ne résiste pas à me laisser aller et mes pensées prennent d’allure érotique.

 

Rideau !

 

A suivre

Lun 23 mar 2009 Aucun commentaire